25 septembre 2007
Maya Simon
Vous avez probablement entendu parler du « suicide assisté » de l’actrice Maya Simon. Une femme atteinte d’un mal incurable qui a voulu quitter ce monde qui ne lui promettait plus rien si ce n’est l’agonie. C’est en Suisse, à Zurich, qu’elle a trouvé la structure compatissante pour l’aider à réaliser l’acte ultime. Dans les montagnes helvétiques, deux associations— Exit et Dignitas— apportent en toute légalité leur soutien pour répondre à la demande d’euthanasie. Bien évidemment, il ne faut pas parler d’euthanasie, mais de suicide assisté, nous informent les responsables associatifs. La confusion sémantique est d’ailleurs pratiquée à tous les niveaux quand on aborde la mort. Notre monde a peur de la mort, ce n’est pas nouveau, mais à vouloir dissimuler la réalité sous des mots ambigus, il n’y a pas de gloire. Alors on parle latin : Exit (sortie) dignitas (dignité), comme si le recours à la langue de Cicéron donnait un éclat particulier à une réalité plus sombre. Les défenseurs de l’euthanasie reviennent toujours au même argumentaire : il faut mourir dignement et ne pas laisser les malades dans d’atroces souffrances. Ils doivent garder leur dignité jusqu’au bout. Je n’ai rien à redire sur ce point, mais je n’accepte pas en tant que médecin que l’on pratique la désinformation. Il est possible d’atteindre le bout de la vie en restant digne et sans souffrance inutile. Beaucoup parle à tort et à travers d’acharnement thérapeutique, oubliant que les soignants savent depuis toujours que la mort l’emportera et qu’il est bon de « soigner » son patient, c’est-à-dire de s’occuper de lui pour qu’il vive le mieux possible. Désigner les soins donnés sous le label « acharnement », c’est faire passer les soignants pour des barbares ou des obsédés.
Maya Simon a fait un choix. Je le respecte. Elle était actrice. Elle a voulu mettre à profit sa notoriété, sa renommée pour faire avancer une cause qu’elle estime juste, celle de l’euthanasie. Elle a mis en scène une dernière représentation pour quitter la vie. Je me pose une question : plutôt que de parler d’acharnement thérapeutique, ne serait-il pas plus exact de parler d’acharnement médiatique ?
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